mardi 5 février 2013

Etre important...


Hier, je donnais un spectacle à deux heures de l'après-midi devant les résidents du CHSLD Centre-ville. L'an passé, ça m'a pris deux semaines me remettre de l'expérience de chanter en prison !
Aujourd'hui, 16 h 26... Je n'ai pas dormi de la nuit, je prédis environ le même temps pour ma reprise émotionnelle...

Un spectacle-intervention, c'est un show mais pas un show, c'est une intervention mais pas une intervention... C'est un peu magique... On ne peut pas l'expliquer ! On dirait que je ne chante pas de la même manière. Je ne chante pas juste pour moi... je deviens leur voix... j'entre dans leurs vies... comme un acte presque indiscret. J'ai l'impression de faire partie d'un tout. Comme si je participais à recoller nos corps éparpillés... Je me rappelle de Sylvie, de ses yeux lumineux comme une enfant, de la madame en avant de moi qui passait des commentaires pendant le show... qui trouvait que j'avais une belle robe... et qui me le disait spontanément... au milieu du show. De les voir touchés quand je nomme leurs noms.

Je remercie la vie de m'avoir la chance de vivre ces moments forts de responsabilité sociale. Des moments où j'ai pu donner quelque-chose de très précieux de moi-même... comme si quelque-chose débordait de moi, une part de leur souffrance.

Dans leurs yeux, je lis : « On parle de moi ! Je suis important pour quelqu'un même si je suis handicapé, que je ne peux parler... je compte vraiment, puisque la fille en rouge en avant chante qui je suis. » Cette chanson, J'ferais n importe quoi, s'inspire de leurs écrits... Je suis très fière de l'avoir mise au monde. Elle est venue soudainement en pleine nuit... Prochain step, on enregistre la toune et on leur donne. Pour qu'il puissent, l'écouter quand l'hiver est trop long, quand ils n'arrivent pas à s'exprimer ou quand ils ne sont plus surs d'être importants pour quelqu'un...

1 commentaire:

  1. LAISSEZ - LE

    Et celui qui
    pas pour mal faire
    pas pour mal faire
    prononce à sa place le mot qu'il cherche
    eh bien ! il retarde sa guérison
    pas pour mal faire
    pas pour mal faire
    car quand il cherche ce maudit mot
    quand ce qu'on appelle un cérébro-lésé cherche un mot
    ses neurones tendent les bras dans le vide
    branches d'arbre agité par le vent
    ses neurones tendent les bras dans le vide
    pour poigner à pleines mains
    le mot qui est là sur le bout de sa langue
    et quand il l'attrape
    quelle joie !
    j'm'en viens ben

    laissez-nous donc tranquillement chercher nos mots
    laissez-le donc
    bégayer

    -Gérald Godin

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